• "Isis ! Tu vas bien ?" hurla Peter dans ma tête.

    Oui. Filez le plus vite possible.

    "Pas sans toi !" cria Thomas.

    Si ! C'est un ordre ! Je ne veux pas que vous vous fassiez prendre !

    "Non !" fit cette fois Aglaé.

    Si.

    Je bloquai mes pensée.

    J'étais piégée. Merde.

    Je regardai autour de moi, cherchant une sortie. Les dix dragons me regardait, avec un air mi-peiné, mi-méprisant. La porte était bloquée, Peter avait déjà essayer de la ré-ouvrir. Je fit glisser mon regard partout, quettant désespérément une issue.

    Puis, je levais les yeux au plafond. Oui ! Le trou au plafond !

    J'ouvris mon esprit.

    J'espère que vous êtes partis ! J'ai trouvé une sortie, ne craignez rien ! On se retrouve devant la porte Ouest !

    "Tout le monde va bien, ne t'inquiète pas. On s'inquiète plutôt pour toi ! Fait attention." me transmit Peter.

    Ok. Je vais fermer mon esprit, je le ré-ouvrirait si je suis en danger ou si j'ai besoin de vous.

    "Ok. A toute à l'heure." me promit Aglaé.

    Et je re-fermai mon esprit, et claquai des doigts : mon épée disparut. Bon. Comment accéder au trou ? Je savais que mon temps était compter. J'inspectait rapidement les lieux. Le plafond contenait quelques petites imperfections, et montait en dôme jusqu'au trou... Oui, je pouvais essayer.

    Je me dirigeai immédiatement vers le dragon le plus proche de moi, taillé dans de l'ambre, ou une autre pierre dorée. Je remerciais une énième fois mon talent de Métamorphe m'ayant créer un corps aussi souple et musclé que lorsque j'était un chat... 

    Je plaçai mes mains au niveau du garrot de la sculpture, comme si je montais à l'équitation, et me hissai sur son dos à grand peine. En effet, les sculptures étaient grandeurs natures des véritables dragons, et si ressemblantes avec ce à quoi je ressemblais quand je me transformais que je me demandai si le sculpteur en avait vu en vrai.

    Une fois sur le dos de la créature, je commençais l’ascension du cou, aidé par les écailles auxquelles je m'accrochais. J'atteignis la tête, et m'agrippai aux cornes sur son front, qui faisaient la même taille que moi. Je levai les mains, et tâtaient le plafond. C'était impossible d’accéder à la rosace en passant par là : je n'étais pas une araignée !

    J'entendis du bruit dans l'antichambre, et m'ordonnais-je de me presser. Mais c'était définitif, je ne pouvais accéder au trou.

    J'étais réellement piégée. 

    Sauf si...

    Non, c'était stupide.

    Mais c'était le dernier espoir de me tirer de là.

    Et puis si je meure, ce sera toujours mieux que d'être capturée...

    J'ouvris mon esprit une dernière fois.

    Aglaé ?

    "Oui ?

    Si vous revenez sans moi, dîtes à Benoît que je suis désolée. Et... dites-lui que je l'aime.

    "Quoi ? Attend, qu'est-ce que tu... ?"

    Mais je refermai aussitôt mon esprit. 

    Je descendis des cornes du dragon, et me positionnais au bout de sa tête. Je soufflais une dernière fois. J'entendis des coups sur la porte. Elle n'allais pas tardé à céder.

    J'inspirais. 

    Puis je me mit à courir. Le long de la tête du dragon faisait environ deux mètre et demi. C'était largement suffisant.

    Deux mètre. 

    Un mètre.

    Un demi-mètre.

    Le bout.

    Arrivé au bout du museau, je calai mon pied gauche sur une de ses narines, et profitant de mon élan, je m'élançai...

    Pendant un court instant, je fus dans les airs... Je tendis les bras, les mains devant moi, visant les pétales de la rosace. Je la touchait presque...

    Mes mains s'agrippèrent aux formes de pierres quand la porte céda en un grand craquement. Prise de terreur pure, j'escaladai le plus vide possible la rosace, se m'extirpai du tour quand je sentis une blessure douloureuse au mollet. 

    Prenant dans mes dernière réserves de force, je sortis du trou, et déboulai le long du dôme. J'avais une flèche dans le mollet. Mais je devais me presser, les Draks ne tarderaient pas à utiliser le Spiritus pour me rejoindre.

    D'un coup sec qui m'arracha un petit cri de souffrance, je brisai et retirai la flèche.

    - Comment est-ce possible ?! hurlait une voix dans la Salle des Dragons. Rattrapez-là !

    Je devais vraiment me dépêcher. Je déchirai le bas de ma cape noire pour m'en faire un rapide bandage pour ne pas laisser du sang partout. Je me mis ensuite debout, et grimaçai : je n'irai sans doute pas loin.

    J'examinai le lieu où j'étais. J'étais à coté du dôme du plafond de la Salle des Dragons, sur les toits. Je pourrais retourner à l’intérieur par une des tours non loin, ou continuer de sauter de terrasses en terrasses pour rejoindre le désert.

    Mais ma blessure ne me laissait pas le choix : j'allais devoir retourner à l'intérieur. Mais d’abord, je devais au plus vite me cacher. Prenant sur moi pour ne pas me laisser tomber au sol, je me glissai dans une tour par une fenêtre voisine. Bien. Je devais maintenant descendre et...

    Le contact de mon dos avec un petit objet semblant tranchant arrêta mes pensées.

    - Tu es une méchante ? fit une petite voix tremblante derrière moi.

    Je me tournai lentement vers un petit garçon à la coupe au bol et aux yeux bruns. Enfin, à l’œil brun. Le droit était noir. Il tenait un petit canif dans ses mains, qui tremblaient.

    - Tu es une méchante ? répéta le petit garçon, qui ne devait pas avoir plus de six ans.

    - Non, répondis-je très doucement. Bien sûr que non.

    Il pointa mes yeux de son petit couteau.

    - Tu n'es pas de la bonne couleur... fit-il.

    Merde. Comment allais-je répondre à ça ?

    - Peut être. Mais je ne suis pas une méchante.

    Le petit se remit à trembler. Il n'était pas une grande menace, mais aurait tôt fait de crier et d'attirer mes poursuivants.

    - On nous a dit que des méchants étaient là, et qu'on étaient en danger, reprit-il. Qu'ils voulaient nous tuer.

    - Je ne tue personne, essayai-je de le rassurer et de ne pas penser à tous les Draks qui avaient péris entre mes griffes. Surtout pas les gentils petits garçon comme toi.

    - Les méchants ont tués ma maman, souffla le petit, des larmes pleins les yeux.

    Mon cœur sembla fondre.

    - Oh mon petit... murmurais-je. Je suis désolé. Comment est-ce qu'elle s’appelait ?

    - Je l'appelais Maman. Mais les autres l'appelai Yva.

    J'eus un choc. Yva était une Drake qui m'avait emprisonnée au Machu-Picchu. Et, aux dernières nouvelles, elle était toujours vivante... dans les prisons de la cité.

    Je pris délicatement le visage du petit entre mes mains. Il ne semblait plus me craindre.

    - Et toi, comment t'appelles-tu ?

    - Jason.

    - Jason, écoute moi bien. Ta maman n'est pas morte.

    Les yeux du petit s'éclairèrent.

    - Ah bon ? chuchota-t-il, n'osant y croire.

    - Oui. Je te le promet. Et je connais même le moyen de lui faire passer un message...

    Cette fois, ce fut un grand sourire qu'afficha le bambin.

    - Comment ? demanda-t-il.

    - tu peux me donner un petit dessin ou un mot pour elle, et si tu me laisse repartir, je le lui ferrais parvenir.

    Aussitôt, Jason fit volte face pour fouiller dans la pièce. maintenant que je l'observai, je voyais des lits et des bureaux : ce devait être une chambre pour plusieurs enfants.

    Jason revint avec deux feuilles en papier. Sur la première, une lettre écrites maladroitement, et pleine de couleur. Sur la deuxième, un sublime dessin du coucher de soleil sur le désert.

    - C'est très beau, lui assurais-je. Je ferais en sorte qu'elle l'ai.

    - Qui es-tu ? reprit le petit.

    Je me tournai vers lui. je venais d'avoir une idée. Je m'agenouillai à sa hauteur, essayant d'ignorer la douleur à mon mollet.

    - Très bien, je vais te le dire, mais il faudra que ce soit un secret ok ?

    Il secoua la tête, les yeux brillants.

    - Parfait. Je suis une fée.

    Ses yeux s'agrandirent de surprise.

    - Une fée... murmura-t-il.

    - Oui. C'est pourquoi je sais comment va ta maman. Parce que les fées savent beaucoup de choses. Mais, pour que je puisse donner cette lettre à ta maman, il va faire comme si tu ne m'avais jamais vu. Tu ne devra parler de moi à personne, d'accord ?

    Il acquiesça avec un grand sourire.

    - Tu me donnes ta parole d'honneur que tu ne parleras de moi à personne ? demandais-je, une main sur le cœur.

    Il mit lui aussi sa main sur le coeur.

    - Je te donne ma parole d'honneur, madame la Fée.

    Je souris :

    - Merci. Est-ce que tu sais par où rejoindre les couloirs, s'il te plaît ?

    - Bien sur, tu descend ces escaliers, et tu prend la porte à droite.

    Je pliai soigneusement les lettres et les rangeai dans ma cape. Puis, je me levai, et embrassa gentiment le petit sur le front.

    - Merci, gentil garçon.

    Je commençai à descendre les escaliers, puis me tourner à nouveau vers lui.

    - Et n'oublie pas... Motus et bouche cousus ! ajoutais-je avec un clin d’œil et un doigt sur la bouche.

    Il mit lui-même son doigt sur la bouche, complice.

    - Au revoir, madame la fée !


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