• J'ouvris les yeux. Et le spectacle me coupa le souffle. Des dunes à perte de vue. Et la lune, presque pleine, au dessus. Le voyage s'était bien passé. 

    - Waouw, souffla Thomas.

    - C'est le cas de le dire, répondit doucement Nout.

    Le spectacle était d'une beauté incroyable. 

    - Désoler de briser votre contemplation, fit narquoisement Naïm, mais c'est ça le repaire de nos méchants ?

    En suivant du regard son doigt pointer vers une dune, je vis un sublime palais du style "Mille et une nuit". Ses murs était couleur grès, et certaines tours avait des toits en forme arrondie, dorés.

    - Au moins, ils ont bon gout, haleta Paul.

    Je me tournai immédiatement vers lui en entendant le ton de sa voix. Il était à genoux dans le sable, haletant sous l'effort qu'il venait de faire.

    - Attend, fit Aglaé en se mettant à sa hauteur et en plaçant ses mains sur ses temps. Bouge pas...

    Elle ferma les yeux, et je vis Thomas fixer les mains d'Aglaé sur la tête de Paul avec un drôle d'air. Je devinai qu'Aglaé transmettait de l’énergie au jeune Àlainn, car ils se séparèrent rapidement, et Paul se redressa.

    - Merci Aglaé, fit-il.

    Elle se releva, et lui tendit une main. Il la prit, et se releva aussi.

    - Parfait, fit ma mère. Mettez vos capuches. On doit aller à la porte...

    - Ouest, compléta Nout en voyant qu'Hélène ne savait finir sa phrase.

    Je me tournai vers la lune, qui se levait.

    - C'est celle juste en face de nous, leur dis-je.

    - Tant mieux. Allons-y.

    - Attendez, murmura Nout.

    Elle ferma les yeux, claqua des doigts, puis une arme apparue devant chaque personne... Sauf Nout et moi. Aglaé prit son nouvel arc, qui était entièrement blanc, avec de petites décorations dorée. Naïm eut droit à un beau poignard recourbé au manche d'émeraude qui rappelait la couleur de ses yeux.

    Chaque personne eut une arme adapté à ses conditions et à son physique. Nout se tourna vers moi et me sourit :

    - Nous avons déjà nos armes, me rappela-t-elle.

    Nous commençâmes à descendre la dune, en silence. Nous étions en groupe serré, car ça aidait ma mère à déjouer les surveillance magiques. nous atteignîmes enfin la porte. Elle était grande, en bois massif. Hélène rangea son épée dans son nouveau fourreau, et passa ses doigts dessus.

    - Bois vieux, fragile... murmura-t-elle. Je me demande si...

    Elle se concentra et... rien. Elle pesta.

    - Je ne peux pas le brouiller.

    - Alors on va utiliser les vieilles méthodes fit Nout en s'approchant.

    - Pas de bruit... la prévins-je.

    - T'inquiète.

    Elle tendit la main, et un fil de fer apparu dedans. Elle se pencha sur la serrure de la porte, et tritura quelques minutes dedans. Puis, elle se redressa, et poussa délicatement la porte, qui s'ouvrit sans bruit.

    Je frémit : depuis quand Nout savais crocheter les serrures ? Elyse ne le savait pas, et je doutais que Nout sache le faire en tant que chat. Ça voulait alors dire que quelqu'un lui avait appris.

    Hélène eut un petit sourire.

    - Bravo, fille. Restons groupés !

    Nous nous avançâmes lentement. La tension était palpable. Après tout, nous étions en train d'entrer dans le palais de notre pire ennemi... 

    "Ensuite, nous devons chercher la salle des dragons." nous murmura Peter.

    Nous avancions en silence. Puis, Peter repris.

    "Je pourrais chercher dans la tête des gens présents ce qui correspond à notre fameuse salle..."

    "Fait attention, ils ont peut être un moyen de nous détectez." le prévint Aglaé.

    "Oui, t'inquiète..."

    Tandis que nous continuions d'avancer lentement, je ne pouvais empêcher mon cœur de battre à toute vitesse. Alors, je me posais cinq secondes, et pris de grandes inspirations silencieuses. L'adrénaline coulait dans mes veines, et j'avais le profond besoin de faire apparaître mes griffes... si seulement je les avaient encore.

    Soudain, une terrible pensée m'envahie : et si durant ce "cambriolage", nous croisions Durk ? J'avais payé ma dette envers lui en le laissant s'échapper, et si nous nous croisions nous aurions étés tous les deux à pied d'égalité. Que ferait-il alors ? Il donnerait l'alarme, sûrement. Merde.

    "Ça va ?" fit Thomas dans ma tête.

    Oui. Tout va bien. Nice.

    Mais je savais que toutes mes angoisses défilaient dans ma têtes, et que Thomas les voyaient toutes.

    "On le neutralisera. Comme tous Draks que nous croiserons."

    J'eus un petit pincement au sens du terme "neutraliser".

    "Pourquoi ?"

    Je ne parvenais tout simplement pas à voir Durk comme un véritable ennemi. Je n'avais d'ailleurs jamais réussi.

    "C'est ton ami ?" fit la voix choquée de Thomas.

    Disparaît.

    Et j'érigeai un mur pour ne pas qu'il ai accès à mon esprit. Ce n'était peut être pas très charitable, mais j'avais besoin d'être seule avec moi, moi et moi même. Merde à la fin ! J'étais la seule qui pouvait décider à qui moi je faisais confiance ou non !

    Hum hum. Et tu fais confiance à Durk ? fit une petite voix insupportable dans ma tête.

    Ma conscience. Ça faisait longtemps, tient. Mais bon, du moment que le sens logique n'étais pas arrivé avec elle, ça pouvait passer.

    "Tu as l'air très concentrée." constata Thomas.

    Oui, je suis à fond là. Après tout, c'est pas comme si on était dans un bastion replis de Draks. Tu as franchit mes barrières mentales ? pensais-je.

    "Non. Je les ai à peine sentie. Sans tes pouvoirs, tu dois être moins puissante..."

    Soudais, je constatai que je détestais cela, être moins puissante. J'avais toujours été "l'une des plus puissante" puis "la plus puissante", et enfin "l'unique Métamorphe". Et, même si le peu de modestie que j'avais encore m’empêchait de le clamer haut et fort, j'adorais être puissante.

    "Waouh. Je ne te savait pas si arrogante." repris la voix, cette fois moqueuse, de Thomas.

    C'est un de mes principaux défaut... soupirais-je intérieurement. 

    "Arrêtez vous. Selon nos observations, nous sommes au rez-de-chaussé. La Salle aux dragons est au deuxième étage, protégée par un mot de passe." cingla soudain la voix amère d'Aglaé. "Un mot de passe. Que nous ne connaissons pas."

    Nous nous arrêtâmes. Ainsi, nous avions fait tous ce chemin pour rien ? Soudain, je vis le visage de Keïko s'éclairer tandis qu'elle tirait légèrement sur la manche de Thomas. Celui-ci eut un grand sourire.

    "Le poison est souvent la meilleurs des solutions !" s'exclama-t-il, victorieux.

    Nous nous tournâmes vers lui, dans l'incompréhension des plus totales.

    "Euh... Quoi ?" fit Peter.

    "C'est la dernière phrase de la missive ! On ne savait pas ce que ça voulait dire, mais on peut être sur que c'est le mot de passe ! C'est évident !"

    Nous nous regardâmes entre nous.

    "On continue." décréta finalement Aglaé.

    Je détestait ne plus être Télépathe. Ou Métamorphe. Si j’avais encore mes pouvoirs, je me serais faufilée en souris, et j'aurais rapidement prit la Flèche Blanche, sans mettre tout le monde en danger.

    Oui, mais si tu avais encore tes pouvoirs, tu n'aurais pas besoin de faire ça, intervint ma conscience.

    Bon, c'était officiel, je ne pourrais jamais être seule dans ma tête.

    Nous continuâmes lentement à marcher. Puis, Thomas nous fit signe de nous arrêter.

    "Très bien. Là, maintenant, nous allons tourner, et nous pénétrons dans un couloir plein de Draks. Ceux qui n'ont pas mit leurs capuches, faites le. Que les plus doués en Spiritus s'élèvent de quelques centimètre, que la petite taille de notre groupe n’attire pas leur attention. Restons groupés. Et faisons comme si nous avions tous les droits d'être là. Ok ?"

    Il attendit patiemment que tout le monde donne son accord, puis Hélène pénétra la première dans le couloir.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :